Le temps de la recherche

Un dictionnaire des intraduisibles
des trois monothéismes

Cette réflexion au long cours, tant historique que conceptuelle et langagière, est le fruit d’un diagnostic sur ce qui bloque. Nous travaillons à un Dictionnaire des intraduisibles des trois monothéismes, à partir des mots en langues autour desquels s’enroulent les textes dits « sacrés », Torah, Bible, Coran. Comment dit-on/ ne dit-on pas « Dieu » en hébreu, araméen, syriaque, arabe, grec, latin, puis vernaculaires ? La « communauté », l »autre » ? Comment désigne-t-on le Livre ? Quel est à chaque fois le rapport entre la langue de révélation et la traduction ?

Un tel dictionnaire a pour point de départ, non des valeurs éthico-religieuses dont on voudrait établir la concordance ou l’hétérogénéité, mais les textes des trois religions abrahamiques eux-mêmes, dans leurs langues et dans leurs mots.

Ce corpus, les textes, et cet angle d’attaque, les langues, s’imposent d’autant plus que chacun des trois livres s’affirme, de manière très différente, comme « révélé » dans un lien plus ou moins organique avec une langue, et susceptible ou non de traduction. Nous éviterons ainsi les deux risques majeurs : celui d’ancrer chaque texte dans une intuition incommensurable à celle des autres, et celui du consensus mou, recouvrant les disparités et les étonnements au moyen d’un universel trop vite postulé.

Pas de meilleur moyen pour étayer l’idée de laïcité, mettre en échec les fondamentalismes, bref : compliquer l’universel, que de faire œuvre commune, loin de tout catéchisme des valeurs.

Piloté par des chercheurs reconnus, qui appartiennent à des institutions prestigieuses (CNRS, Columbia U., Brown U., École Biblique de Jérusalem, Université de Tel Aviv), il paraîtra simultanément en français et en anglais avec une partie bilingue en hébreu et en arabe. C’est le produit de rencontres scientifiques, parfois tenues devant le public des lycées confessionnels, pour lesquelles les Maisons de la Sagesse constitueront le meilleur des cadres.